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Les « Emplois Blancs » à l’épreuve de l’Europe

Les secteurs de la santé et des services à la personne, appelés plus communément « emplois blancs » connaissent un développement significatif sur nos territoires. La Commission Européenne réfléchit à mieux les encadrer.

Selon les chiffres de l’INSEE, il devrait y avoir plus de 10 millions de personnes âgées de 75 ans et plus en France à l’horizon 2045. Cette évolution démographique donne la mesure des besoins futurs en « emplois blancs », ces métiers d’aide à la personne qui englobent aussi bien le personnel hospitalier que l’aide sociale journalière à domicile.

Encore méconnue en France, l’appellation « d’emplois blancs » commence à se faire un nom en Europe, où pas moins de 20 millions de personnes  travaillent dans ce domaine. Un chiffre en constante augmentation, en raison de l’accroissement de l’espérance de vie des populations du vieux continent.

En plein essor, ces postes nécessitent toutefois un cadre et un statut à l’échelle européenne. Ce sur quoi planche la Commission Européenne.

La flexisécurité n’est pas une solution

A l’heure actuelle, le dispositif social encadrant les « emplois blancs » demeure encore singulièrement flou, comme le confirme Emmanuel Jahan, délégué général du REGES-FORUM pour la recherche et le développement : « Le dispositif sur lequel doit reposer ce type d’activité est à repenser. Le principe de «Flexisécurité» – contraction des termes flexibilité et sécurité de l’emploi –  n’est pas applicable pour les emplois blancs. A ce dispositif désormais caduc, je préfère la notion de «Mobication» – contraction des concepts relatifs à la mobilité et à l’éducation, plus précisément à la formation – qui favorise des mesures pour la mobilité, étroitement associées à une refonte totale de nos systèmes de formation. Ce principe doit permettre de rendre employable les salariés tout au long de leur carrière », souligne t-il.

Avec ce dispositif,  une aide à domicile pourrait ainsi, au cours de sa carrière, être amenée à suivre une formation pour devenir aide-soignante ou infirmière et parvenir à diversifier ses activités.

Néanmoins, certains de « emplois blancs », à savoir tout ceux qui forment le secteur de l’aide à la personne, ne sont pas rétribués à leur juste valeur et sont souvent occupés par des ressortissants hors Union Européenne. L’harmonisation souhaitable des revenus pour cette catégorie d’emplois, à l’échelle européenne, avec l’attribution d’un salaire minimum devrait cependant rester un «vœu pieux», à en croire Emmanuel Jahan : « Les emplois blancs ne sont pas exportables hors du continent et la Commission Européenne aura vraisemblablement toutes les peines du monde à aboutir à un consensus. Même s’il s’agit d’imposer un salaire minimum, en fonction du pouvoir d’achat de chaque pays, et non d’imposer le même défraiement à tout le monde ». 

Maintenir le lien social : un défi à relever

Un encadrement et une redéfinition plus précise de ces «emplois blancs»  tomberait toutefois à point nommé pour les Conseils Généraux, premiers pourvoyeurs d’allocations d’aide à la personne.

Pour les départements, premiers gestionnaires de ces dispositifs d’assistance, la terminologie « d’emplois blancs » fait figure de néologisme. « Je dois vous avouer que je ne connaissais pas du tout les services d’aides à la personne sous cette appellation », sourit Marie-Hélène Aubert, Conseillère Générale des Yvelines et Déléguée aux solidarités à la Mairie de Jouy-en Josas. Avant de souligner l’importance de ce dispositif, faisant office de véritable  lien social : « je considère les services d’aide à la personne comme la compétence première d’un Conseil Général. Pour les Yvelines, ce poste représente un budget équivalent à 34 millions d’euros, une somme considérable ! Cette notion d’emplois blancs gagnerait à être mieux définie. Il est important, à mon sens, et j’espère que la Commission ira en ce sens, de faire le distinguo entre les services d’aides à la personne à domicile – en majeure partie financé par le Conseil Général par le biais de l’APA (Allocation personnalisée d’Autonomie) – et le personnel hospitalier », souligne Marie-Hélène Aubert, pour qui d’autres combats restent à mener au niveau des « emplois blancs », notamment dans le domaine des transports à la personne. « Nous devons maintenir un lien social avec les plus âgés de nos concitoyens et pour ne pas qu’ils tombent dans l’isolement. C’est compliqué à mettre en place, mais cela fait partie des nouveaux défis à relever en la matière », conclut-elle.

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